Alexander Bick, Adam Blandin et David Deming (2024) ont étudié les données collectées par le Real-Time Population Survey, une enquête menée auprès d’un échantillon représentatif de la population étasunienne pour observer à quel rythme l’IA est adoptée par cette dernière.
lundi 23 septembre 2024
L’IA est rapidement adoptée aux Etats-Unis
samedi 17 août 2024
L’expérience de la solitude pendant la pandémie
Anthony Lepinteur, Alessio Rebechi, Andrew Clark, Conchita D'Ambrosio, Nicholas Rohde et Claus Vögele (2024) ont étudié l’expérience de la solitude lors de la pandémie de Covid-19. Pour cela, ils ont utilisé les données de panel trimestrielles tirées de l’enquête COME-HERE portant sur la santé mentale et le bien-être. Ils ont observé dix vagues d’enquête menées d’avril 2020 à novembre 2022 dans cinq pays européens, à savoir l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie et la Suède.
mercredi 24 juillet 2024
Quelle attention les individus portent-ils à l’inflation quand celle-ci reflue ?
Des travaux, comme l’étude d’Oleg Korenok et al. (2023), ont suggéré que les individus ne font attention à l’inflation que lorsque cette dernière dépassait un seuil autour de 3-4 %. En l’occurrence, si l’inflation reste inférieure à ce seuil, les ménages et les entreprises l’ignorent. Inversement, si elle le dépasse, alors ils y prêtent davantage attention. Mais alors, dans ce cas, on peut penser que les entreprises pourraient peut-être être incitées à davantage relever leurs prix dans l’anticipation d’une érosion de leurs profits, tandis que les travailleurs pourraient peut-être être davantage incités à chercher à négocier des hausses de salaires dans l’anticipation d’une érosion de leur pouvoir d’achat. Par conséquent, l’inflation pourrait avoir tendance à facilement refluer tant qu’elle n’a pas dépassé le seuil d’attention, mais pourrait au contraire avoir tendance à facilement s’aggraver et devenir plus persistante une fois qu’elle a dépassé ce seuil.
vendredi 12 juillet 2024
Que pensent les individus de l’inflation ?
Alberto Binetti, Francesco Nuzzi et Stefanie Stantcheva (2024) ont cherché à déterminer comment la population générale perçoit les causes et conséquences de l’inflation. Pour cela, ils ont conçu une large enquête en ligne auprès d’un échantillon représentatif aux Etats-Unis. L'analyse des données montre que les non-économistes, le « commun des mortels », ne pensent pas pareillement que les économistes. Certaines de leurs croyances peuvent même aller à l’opposé des conclusions de la théorie économique standard.
mardi 9 juillet 2024
Un défaut souverain implique souvent plusieurs restructurations
Les défauts souverains sont douloureux pour les débiteurs et pour les créanciers. Les emprunteurs souverains risquent de connaître une autarcie financière, une forte récession et une aggravation de la pauvreté (Farah-Yacoub et al., 2022). Les créanciers risquent de connaître des pertes dans leur portefeuille. Emprunteurs souverains et créanciers ont ainsi peut-être intérêt à renégocier la dette et à éviter un défaut complet.
mercredi 26 juin 2024
L’austérité tue
Suite à la crise financière mondiale et à la hausse subséquente de leur dette publique, les gouvernements dans les pays développés ont adopté des mesures d’austérité. Ce fut notamment le cas du gouvernement britannique : alors qu’entre 1999 et 2010, les dépenses publiques réelles par tête en matière de santé, d’éducation et de protection sociale avaient augmenté de 35 % à 75 %, celles de santé ont ensuite stagné, tandis que celles d’éducation et de protection sociale ont baissé (cf. graphique 1). Or, 2010 marque également le début du ralentissement de la hausse des l’espérance de vie au Royaume-Uni. L’austérité a pu ainsi contribuer à ce ralentissement.
vendredi 21 juin 2024
Le chômage a des effets permanents sur le bien-être
De nombreux travaux ont montré que le chômage est associé à une perte en bien-être (Clark et Oswald, 1994 ; Winkelmann et Winkelmann, 1998 ; Dolan et al., 2008 ; Stutzer et Frey, 2010). Parmi eux, certaines analyses suggèrent également que cette perte de bien-être se maintient après la sortie du chômage, mais ces différentes études ne cherchent généralement pas à déceler un impact du chômage sur le bien-être au-delà de quelques années après l’expérience du chômage.
samedi 8 juin 2024
Comment expliquer la résilience des pays émergents ?
Par le passé, les resserrements monétaires des banques centrales des pays développées, en particulier de la Réserve fédérale, ont souvent déstabilisé les pays émergents. Ce fut notamment dans le cas au début des années 1980, lorsque le « choc Volcker » provoqua la crise de la dette en Amérique latine ; ce fut aussi le cas au milieu des années 1990 lorsque le resserrement monétaire de la Fed contribua à déclencher la « crise Tequila », puis la crise asiatique. Ces resserrements ont pu notamment accroître le coût de financement pour les pays émergents, générer des pressions sur leurs taux de change et contraindre leurs banques centrales à relever leurs propres taux directeurs (Arteta et al., 2022 ; Huertas, 2023).
dimanche 19 mai 2024
L’importance négligée de l’offre de travail en macroéconomie
Le modèle de Solow et le modèle IS/LM sont sûrement les deux modèles les plus enseignés aux étudiants en macroéconomie, lors de leurs cours et dans les pages des manuels. Richard Rogerson (2024) regrette que ni l’un, ni l’autre ne prête guère attention à l’offre de travail. Le premier, modélisant le comportement de la croissance à long terme, suppose que la quantité de travail est simplement proportionnelle à la taille de la population ; le second, focalisé sur le court terme, suppose implicitement que la quantité de travail est déterminée par la demande de travail. Rogerson estime qu’il s’agit d’une terrible omission.
mercredi 8 mai 2024
Quel sera l’effet de l’intelligence artificielle sur la prime de qualification ?
Ces dernières décennies, notamment dans le sillage de la révolution informatique, les travailleurs peu qualifiés ont été davantage exposés à l’automatisation que les travailleurs très qualifiés : les machines, notamment les robots industriels, ont été capables de réaliser un éventail croissant de tâches manuelles routinières, typiquement celles réalisées par les moins qualifiés. Au contraire, le déploiement des nouvelles technologies a pu accroître la demande de travailleurs qualifiés, donc leur permettre de bénéficier plus facilement d'une revalorisation salariale. Par conséquent, ces technologies ont pu avoir tendance à augmenter la prime de qualification (skill premium), c’est-à-dire le différentiel de salaires entre travailleurs très qualifiés et peu qualifiés, et à creuser les inégalités salariales (Acemoglu, 1998 ; Acemoglu et Restrepo, 2018). Avec la mondialisation, le progrès technique a ainsi pu contribuer à déstabiliser la classe moyenne, notamment aux Etats-Unis.