samedi 30 avril 2022

Les réseaux sociaux détériorent-ils la santé mentale ? Le cas de Facebook

Aux Etats-Unis, la santé mentale des adolescents et des jeunes adultes a eu tendance à se détériorer depuis le milieu des années 2000. En effet, le nombre d’individus âgés de 18 à 23 ans déclarant avoir connu un épisode dépressif majeur l’année précédente a augmenté de 83 % entre 2008 et 2018. Au cours de la même période, le nombre de suicides a augmenté au point que le suicide est devenu la deuxième plus grande cause de mortalité parmi les 15-24 ans. Or, cette détérioration de la santé mentale coïncide avec la diffusion des réseaux sociaux, si bien que certains ont suggéré que leur usage tendait à détériorer la santé mentale (Turkle, 2012).

Une hausse non anticipée de la dette publique nuit-elle à la croissance ?

Depuis la crise financière mondiale, qui a fortement alourdi l’endettement public des pays développés, de nombreuses études ont cherché à déterminer empiriquement si la hausse publique tendait à nuire à la croissance économique. Cette vague de littérature a notamment été impulsée par l’étude séminale réalisée par Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff (2010), qui suggérait que des ratios de dette publique sur PIB supérieurs à 90 % étaient associés à une moindre croissance économique. Cette question a de nouveau gagné en intérêt ces deux dernières années avec la pandémie. Celle-ci s’est traduite par une hausse de la dette publique de 83,7 % à 98,8 % du PIB au niveau mondial entre 2019 et 2021 et de 103,7 % à 122,5 % du PIB dans les seuls pays développés, selon les Perspectives de l’économie mondiale en juillet dernier (cf. graphique 1).

mardi 26 avril 2022

Le rôle du dispositif de chômage partiel lors de la pandémie

La pandémie de Covid-19 et les mesures adoptées par les autorités en vue de la contenir, en premier lieu le confinement du printemps 2020, ont provoqué l’une des plus puissantes contractions de l’activité économique. En France, le PIB avait chuté de 31 % en avril 2020 ; sur l’ensemble de l’année 2020, il a baissé de 9 %, si bien qu’il s’agit de la plus sévère récession enregistrée pour l’économie française depuis la Seconde Guerre mondiale (cf. graphique 1).

lundi 25 avril 2022

L’hypothèse d’une croissance additive

Suite à l’article séminal de Robert Solow (1956), la théorie de la croissance s’est fondée sur l’hypothèse d’une croissance exponentielle de la productivité globale des facteurs (PGF). Pourtant, d’un pays à l’autre et d’une période à l’autre, Thomas Philippon (2022) constate que la croissance de la PGF se révèle en fait linéaire : chaque année, la PGF augmente d’un certain pourcentage, non pas par rapport à sa valeur l’année précédente, mais par rapport à sa valeur initiale.

samedi 23 avril 2022

Quels sont les déterminants du consentement à l’impôt ?

Pour déterminer quels facteurs influent sur le consentement à l’impôt, Pierre Boyer, Thibault Ingrand et Christophe Strassel (2022) se sont appuyés sur le « Baromètre des prélèvements obligatoires 2021 », une enquête réalisée en septembre 2021 auprès d’un échantillon relatif de la population française. 

lundi 18 avril 2022

Aveugle à ses propres erreurs : quand l’hystérèse brouille la vue des banques centrales

Des modèles des théoriciens du cycle d’affaires réel à ceux des nouveaux keynésiens, les modèles mainstream de ces quatre dernières décennies ont souvent supposé que les chocs touchant la demande étaient temporaires et que les chocs d’offre étaient permanents. En l’occurrence, l’hypothèse sous-jacente est que le potentiel de l’économie est entièrement déterminé du côté de l’offre. Ainsi, dans le cas d’un choc de demande, celui-ci éloignerait la production de son potentiel sans affecter ce dernier, tandis que dans le cas d’un choc d’offre, celui-ci modifierait la production potentielle.

jeudi 14 avril 2022

Tirée par l’offre ou la demande : la taille du multiplicateur budgétaire dépend-elle de la nature de la récession ?

Dans le sillage de la pandémie de Covid-19, les gouvernements ont adopté d’amples mesures de soutien budgétaire. Mais la récession provoquée par l’épidémie et les mesures sanitaires est particulièrement singulière : alors qu’habituellement les récessions, comme celle occasionnée par la crise financière mondiale de 2008, s’expliquent avant tout par une insuffisance de la demande globale, la récession pandémique tient notamment aux contraintes pesant sur l’offre, comme le suggère notamment le comportement de l'inflation (cf. graphique).

lundi 11 avril 2022

Quand les banques capturent les médias

Le secteur bancaire dépend étroitement de la confiance des déposants et des investisseurs financiers. Or, il s'agit d'un secteur particulièrement opaque où la recherche du profit se fait souvent via des prises de risque excessives, si bien qu'il a intérêt à ce que celles-ci ne s'ébruitent pas. La relation de crédit entretenue avec les médias d'information offre alors une opportunité pour influencer leur contenu éditorial. Ce risque s'est peut-être accentué ces dernières années, dans la mesure où les médias traditionnels ont souffert de la concurrence des médias en ligne et vu leurs recettes publicitaires décliner, ce qui a réduit leur rentabilité et les a rendu davantage dépendants de leurs créanciers.

mardi 5 avril 2022

Etats-Unis : les « Grandes Démissions » sont courantes lors des reprises rapides

La baisse du taux de chômage dans le sillage de la pandémie de Covid-19 a été la plus rapide qu’ait connue l’économie américaine depuis, au moins, la Seconde Guerre mondiale. Mais il apparaît également que le taux de démissions (« job quits rate »), c’est-à-dire le pourcentage de travailleurs quittant leur emploi soit pour occuper un autre emploi, soit pour en chercher un autre, soit pour quitter la vie active, ait également atteint un niveau exceptionnellement élevé, en l’occurrence le plus élevé depuis 2000, l’année à partir de laquelle cette donnée a commencé à être collectée au travers l’enquête Jobs Opening and Labor Turnover Survey (JOLTS).

dimanche 3 avril 2022

Les multinationales sont-elles une bénédiction pour les marchés du travail locaux ? Petite leçon subsaharienne

Dans les pays en développement, il n’est plus clair que l’implantation d’une multinationale bénéficie au marché du travail local. D’un côté, les multinationales peuvent stimuler l’économie locale en y apportant des capitaux et des technologies ou pratiques plus efficaces. D’un autre côté, elles peuvent s’adonner à des activités extractives, nocives aux autres entreprises, notamment aux activités informelles, implantées localement. 

Concurrence : des secteurs de plus en plus concentrés en Europe

Gábor Koltay, Szabolcs Lorincz et Tommaso Valletti (2022) ont étudié les indicateurs relatifs à la concentration sectorielle dans les grands pays européens, en l’occurrence l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni, pour la période allant de 1998 à 2019. Ils ont privilégié la part de marché combinée des quatre plus grosses entreprises données dans un secteur donné comme indicateur du degré de concentration de celui-ci.