La part des immigrés dans la population et, en conséquence, dans la main-d’œuvre des pays européens a eu tendance à augmenter : entre 2010 et 2019, la part des personnes nées à l’étranger dans la main-d’œuvre des pays d’Europe de l’Ouest est passée de 12,8 % à 16,2 %. Cette variation a toutefois été très hétérogène d’une région à l’autre (cf. graphique).
mardi 26 septembre 2023
Quel est l’impact de l’immigration sur l’emploi dans les régions européennes ?
mardi 25 avril 2023
Quels facteurs déterminent les choix de localisation des demandeurs d’asile au sein de l’UE ?
L’Europe a connu un afflux de demandeurs d’asile au cours de la dernière quinzaine d’années. Le nombre de demandes d’asile dans l’UE a augmenté à partir de 2007 et il a atteint un pic en 2015 et en 2016, dans le contexte de la guerre syrienne (cf. graphique). Si la pandémie a initialement freiné les demandes d’asile, celles-ci sont ensuite reparties à la hausse, notamment avec la reprise de l’Afghanistan par les Talibans en 2021, puis avec l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.
mercredi 5 avril 2023
Comment le contenu en qualifications de la mondialisation affecte le populisme
Les élections nationales qui se sont tenues à travers le monde ces dernières années ont été marquée par un essor des partis populistes et nationalistes, en particulier en Europe. Beaucoup ont relié cette évolution à la mondialisation, en l’occurrence celle des échanges commerciaux et des flux migratoires (Rodrik, 2021). Dans une nouvelle étude, Frédéric Docquier, Lucas Guichard, Stefano Iandolo, Hillel Rapoport, Riccardo Turati et Gonzague Vannoorenberghe (2022) se sont demandé dans quelle mesure la mondialisation a influencé l’évolution à long terme du populisme en prenant en compte le contenu en qualifications des flux commerciaux et des flux migratoires.
samedi 17 décembre 2022
Les pénuries de main-d’œuvre stimulent-elles l’automatisation ?
Beaucoup évoquent actuellement des problèmes de recrutement dans les pays développés, sous l'effet de la pandémie de Covid-19. Indépendamment de cette dernière, les pays développés sont susceptibles d'être de plus en plus confrontés aux pénuries de main-d'œuvre, dans la mesure où ils subissent un vieillissement démographique et ne relâchent guère leur politique migratoire. Il paraît évident qu’une situation de pénurie de main-d’œuvre devrait stimuler la robotisation. Pourtant la littérature empirique a peu exploré ce lien de causalité.
mercredi 24 août 2022
Un vote des enfants d’immigrés biaisé vers la gauche ?
Simone Moriconi, Giovanni Peri et Riccardo Turati (2022) ont cherché à savoir si les immigrés de seconde génération nourrissaient des préférences politiques différentes de celles des autochtones de profil similaire. Pour cela, ils ont utilisé des données relatives à 150.000 individus résidant dans 22 pays européens sur la période allant de 2011 à 2017, en combinant des informations tirées de l’European Social Survey à la base de données du Manifesto Project.
mardi 28 juin 2022
Comment la présence d’immigrés influence les attitudes des natifs à leur égard
Les flux migratoires se sont accentués ces dernières années, en particulier à destination de l’Union européenne en 2015-2017. Cette évolution, synchrone à un essor des partis populistes à travers les pays développés, a alimenté les études sur les liens entre immigration et attitudes des natifs à l’égard des immigrés. Ces travaux n’ont pas abouti à un consensus sur la relation entre ces attitudes et la part des immigrés au sein de la population. D’un côté, selon la théorie de la menace, développée notamment par Herbert Blumer (1958) et Hubert Blalock (1967), plus la part des immigrés dans une population est importante, plus les natifs se sentent menacés et nourrissent des attitudes négatives à leur égard. Mais, d’un autre côté, il se pourrait au contraire que les natifs révisent leurs préjugés et développent des attitudes plus positives vis-à-vis des immigrés lorsqu’ils interagissent davantage avec ces derniers, comme le suggère la théorie du contact de Gordon Allport (1954).
samedi 16 octobre 2021
L’immigration est-elle source de convergence culturelle ?
Les flux migratoires sont susceptibles d’entraîner des changements culturels. Dans les pays de destination des flux migratoires, les immigrés adoptent plus ou moins rapidement les valeurs des natifs (via l’assimilation), tandis que ces derniers peuvent adopter certains traits culturels des immigrés (via la dissémination). Paola Giuliano et Marco Tabellini (2020) ont ainsi observé que la présence historique d’immigrés d’Europe aux Etats-Unis avait renforcé les préférences pour la redistribution parmi les individus nés aujourd’hui aux Etats-Unis.
samedi 11 septembre 2021
Comment le revenu influence le désir d’émigrer
Monica Langella et Alan Manning (2021) ont étudié comment le revenu, aussi bien celui des ménages que le revenu agrégé des pays, influence le désir d’émigrer et le choix du pays de destination. Pour cela, ils ont utilisé les données tirées de l’enquête Gallup World Poll, qui demande aux individus s’ils aimeraient émigrer et, si c’est le cas, quelle serait leur destination favorite. Dans la mesure où une telle enquête ne permet de saisir qu’une vague aspiration plutôt qu’un projet bien établi, ils se sont également appuyés sur les données tirées du Diversity Visa Program mené aux Etats-Unis, une loterie de cartes de séjour permettant à des personnes désirant émigrer de concrétiser leur projet.
mardi 17 août 2021
Quelle réallocation géographique des travailleurs autochtones face à l’immigration ?
La littérature économique tend à conclure que l’accroissement de l’offre de travail provoquée par l’arrivée d’immigrés réduit à court terme le salaire des autochtones qui leur sont substituables [Borjas, 2003]. Mais notamment par crainte d’un tel effet, l’arrivée d’immigrés dans une zone donnée peut amener les natifs à rechercher un emploi ailleurs et/ou à déménager. Une telle réallocation géographique des autochtones atténue alors l’impact de l’immigration sur les salaires dans la zone d’emploi où s’intègrent les immigrés, mais elle diffuse alors le choc au-delà de cette seule zone. Une telle réaction complique la mesure des répercussions de l’immigration sur les salaires, et ce d’autant plus que les autochtones qui restent n’ont peut-être pas tout à fait les mêmes caractéristiques que ceux qui s’en vont.