Dans une nouvelle étude du Laboratoire sur les inégalités mondiales, Nitin Kumar Bharti, Lucas Chancel, Thomas Piketty et Anmol Somanchi (2024) ont combiné les données issues de nombreuses sources, notamment tirées de la comptabilité nationale et des enquêtes réalisées auprès des ménages, pour rendre compte de la dynamique des inégalités de revenu et de patrimoine en Inde.
vendredi 22 mars 2024
Les inégalités ont explosé en Inde ces dernières décennies
jeudi 9 juin 2022
La richesse des deux nations : les persistantes inégalités raciales de patrimoine aux Etats-Unis
Les inégalités raciales sont particulièrement fortes aux Etats-Unis. Par exemple, un Noir y gagne en moyenne un revenu moitié moindre que celui d’un Blanc. Mais les inégalités raciales dans le partage du patrimoine sont encore bien plus fortes que celles observées dans la répartition du revenu : un Blanc possède en moyenne six fois plus de patrimoine qu’un Noir.
mercredi 4 mai 2022
Comment la répartition du patrimoine a évolué à long terme en Allemagne
Thilo Albers, Charlotte Bartels et Moritz Schularick (2022) ont reconstitué le patrimoine et sa répartition en Allemagne depuis la fin dix-neuvième siècle. Pour cela, ils ont combiné les données fiscales, des données d’archives, des données tirées d’enquêtes réalisées auprès des ménages et des données tirées de la comptabilité nationale.
samedi 19 mars 2022
La capitalisation des classes moyennes mondiales
Au cours des trois dernières décennies, les inégalités mondiales de revenu, c’est-à-dire les écarts de revenu entre l’ensemble des individus à travers le monde, ont eu tendance à diminuer (Lakner et Milanovic, 2016 ; Milanovic, 2021 ; Chancel et Piketty, 2021). En parallèle, les ratios richesses sur revenu ont fortement augmenté dans plusieurs pays développés et en développement (Piketty et Zucman, 2014).
mercredi 26 janvier 2022
Sous l’arc-en-ciel de la gravité : ce que les bombes font aux inégalités
Toute une littérature suggère que les guerres jouent un rôle de « grand égalisateur » (Scheidel, 2017). Les conflits militaires réduiraient directement les inégalités en détruisant une partie du patrimoine, dans la mesure où ce dernier est détenu de façon disproportionnée par les plus riches (Piketty, 2013). Mais ils peuvent aussi y contribuer plus indirectement, par exemple en réduisant la tolérance de la population vis-à-vis des inégalités, en amenant celle-ci à réclamer un plus grand partage des risques et, notamment pour ces raisons-là, en conduisant à l’adoption de politiques réduisant les inégalités. Pour Richard Titmuss (1950 ; 2001), l’acceptation de l’effort de guerre par la population britannique dans les années 1940 tenait précisément à l’adoption de politiques sociales, celles que promut le rapport publié par Berveridge en 1942 et que le parti travailliste mit en place en arrivant au pouvoir en 1945, notamment avec la création du National Health Service en 1948.
vendredi 29 octobre 2021
Le capital au vingtième siècle
Des travaux comme ceux de Thomas Piketty (2013) et de Piketty et Gabriel Zucman (2014) ont suggéré que le stock de patrimoine agrégé et les inégalités de patrimoine ont connu une évolution en forme de U tout au long du dernier siècle dans les pays occidentaux : fortement élevés au cours du dix-neuvième siècle, ils auraient diminué à partir de la Première Guerre mondiale pour atteindre un minimum autour des années 1970, avant de repartir à la hausse les décennies suivantes. Selon l'interprétation avancée par Piketty et ses divers coauteurs, les forces de marché auraient tendance à accroître le volume et la concentration du patrimoine, mais différents chocs (comme les guerres mondiales et la Grande Dépression) et des réformes institutionnelles (comme l’introduction d’une fiscalité progressive et le développement de la redistribution) auraient permis de les réduire au cours du vingtième siècle. L’adoption de politiques en faveur du marché, en réduisant la progressivité de l’impôt et en érodant le système redistributif, aurait directement contribué au « retour du capital » ces dernières décennies.
vendredi 27 août 2021
Quels effets attendre du vieillissement démographique sur les taux d’intérêt, le patrimoine et les déséquilibres mondiaux ?
La population mondiale vieillit rapidement : la part de la population âgée de plus de 50 ans est passée de 15 % à 25 % des années 1950 à aujourd’hui et, selon les prévisions des Nations unies, elle devrait atteindre les 40 % d’ici la fin du vingt-et-unième siècle.
jeudi 22 juillet 2021
L’imposition du patrimoine favorise-t-elle l’égalité des chances ? Petite leçon norvégienne
Le capital fait son retour dans les pays développés [Piketty et Zucman, 2014]. Dans la mesure où il y a de fortes inégalités dans la détention du patrimoine, ce phénomène est susceptible d’accroître les inégalités de revenu, de réduire les inégalités des chances et d’alimenter la reproduction sociale. En effet, on a plus de chances d’accumuler du patrimoine et donc de gagner des revenus du patrimoine élevés quand nos parents en possèdent, notamment parce qu’ils peuvent plus facilement nous en transmettre, via les dons et l’héritage. Mais le niveau de patrimoine de nos parents est également susceptible d'influencer notre salaire. En effet, les familles aisées ont plus de latitude pour décider de leur lieu de résidence, ce qui influe sur la réussite scolaire des enfants : par exemple, ces familles peuvent plus facilement résider auprès des établissements scolaires les plus réputés ou donner à leurs enfants une chambre individuelle, c’est-à-dire un espace pour travailler au calme. Il n’est alors pas étonnant que la repatrimonalisation de la société alimente les débats autour des inégalités de patrimoine et autour des dispositifs susceptibles de les réduire, notamment l’imposition du patrimoine.