samedi 14 janvier 2023

Comment les banques centrales des pays émergents réagissent-elles à un resserrement de la politique monétaire américaine ?

Afin de contenir l’emballement de l’inflation aux Etats-Unis, la Réserve fédérale a amorcé en mars dernier un cycle de hausses de son taux directeur. Or, les resserrements de la politique monétaire américaine sont susceptibles de nuire aux pays émergents.

jeudi 12 janvier 2023

Où sont passés les travailleurs américains ?

Aux Etats-Unis, les tensions sur le marché du travail ont été très fortes suite à la pandémie. Le taux de chômage s’élevait en novembre dernier à 3,7 % et le taux de postes vacants à 7 %, soit un niveau historiquement élevé (cf. graphique 1). Pour beaucoup, elles s’expliqueraient notamment par une tendance déjà à l’œuvre avant la pandémie, en l’occurrence la baisse du taux d’activité (cf. graphique 2). En effet, lors de la pandémie, le taux de chômage a bondi et le taux d’activité a chuté. Mais alors que le taux de chômage est revenu à son niveau d’avant-crise, le taux d’activité est resté un point de pourcentage inférieur à celui observé en 2019, à la veille de la pandémie.

lundi 2 janvier 2023

Les conséquences macroéconomiques d’une perturbation des chaînes de valeur mondiales

Ces quatre dernières décennies, les entreprises ont fragmenté de façon toujours plus poussée leurs processus productifs et fait réaliser une part croissante de leurs tâches de production à l’étranger. Les chaînes d’approvisionnement se sont ainsi internationalisées : la production d’un bien implique souvent plusieurs pays. Cette fragmentation des processus productifs permet aux entreprises de tirer profit des avantages comparatifs des autres pays et ainsi de gagner en efficacité (Antràs, 2020).

samedi 31 décembre 2022

Petite sociologie des cartels

Afin d'accroître leurs profits, les entreprises peuvent être tentées de se mettre d’accord pour cesser de se faire concurrence, pour ne pas baisser leurs prix, voire pour les augmenter, etc., mais ce comportement est illégal, dans la mesure où il nuit aux consommateurs, en réduisant leur pouvoir d’achat et en restreignant la diversité de produits auxquels ils ont accès. En l’occurrence, les ententes sont l’une des formes de comportements anticoncurrentiels que les autorités sanctionnent le plus lourdement : par exemple, le montant total des amendes que la seule Commission européenne  a infligées aux participants aux cartels depuis 1990 s’élève à 31 milliards d’euros (Haucap et Heldman, 2022). 

vendredi 30 décembre 2022

Quel est l’effet de l’incertitude sur l’investissement ?

Toute une littérature a exploré le lien entre investissement et incertitude. En théorie, on s’attend à ce que ce lien soit négatif. En l’occurrence, les entreprises seraient d’autant plus réticentes à investir que l’incertitude est forte, notamment en raison de l’irréversibilité des projets d’investissement (Bernanke, 1983 ; Dixit et Pindyck, 1994). En effet, si elles investissent en supposant erronément qu’elles feront face à une forte demande à l’avenir, elles risquent de se retrouver en surcapacités. Or, beaucoup des actifs qu'elles accumulent leurs sont spécifiques, si bien qu'elles ne peuvent que difficilement les revendre. Face à une forte incertitude, elles ont donc intérêt à adopter un comportement attentiste : elles retardent leurs investissements le temps d’acquérir de nouvelles informations. En outre, si l’incertitude augmente, les prêteurs pourraient exiger une prime de risque plus élevée, ce qui pourrait décourager l'emprunt des firmes désireuses d’investir. D’un autre côté, il est théoriquement possible d'envisager des cas où le lien entre incertitude et investissement devient positif. C’est par exemple le cas s’il y a des délais dans la concrétisation des projets d’investissement : ces derniers ne sont pas immédiatement concrétisés suite à l’instant où la décision d’investir à été prise. Il est alors possible qu’une hausse de l’incertitude pousse davantage les entreprises à se décider à investir (Bar-Ilan et Strange, 1996).

jeudi 29 décembre 2022

Cycle financier mondial : ce qui se passe en Chine ne reste pas en Chine

Plusieurs travaux ont montré qu’il existait un véritable cycle financier mondial et que celui-ci tiendrait étroitement à l’économie américaine, notamment en raison de l’importance de cette dernière comme centre financier (Rey, 2013 ; Bruno et Shin, 2015 ; Monnet et Puy, 2019). Grâce à la croissance exceptionnellement forte qu’elle a connue ces trois dernières décennies, la Chine constitue désormais la deuxième plus grande économie au monde. Pourtant, les études qui ont cherché à déterminer son influence sur les conditions financières mondiales ont tendance à conclure que celle-ci reste finalement très limitée, en raison de l’intégration très limitée de la Chine au système financier international (Arslanalp et alii, 2016 ; Miranda-Agrippino et alii, 2020).

mardi 27 décembre 2022

Quels seraient les coûts de l’« amicalisation » des échanges ?

Depuis les années 1980, les échanges commerciaux ont connu une nouvelle vague de mondialisation. Avec la réduction des barrières à l’échange et les avances en matière de technologies de communication, les entreprises ont externalisé et délocalisé une part croissante de leurs tâches de production.

vendredi 23 décembre 2022

La déformation du partage de la valeur ajoutée s’explique-t-elle (notamment) par la baisse de l’imposition des entreprises ?

Ces quatre dernières décennies, le partage de la valeur ajoutée a eu tendance à se déformer au détriment du travail (Karabarbounis et Neiman, 2013). Aux Etats-Unis, la part du travail a diminué de 7 points de pourcentage depuis 1953 : elle est passée de 65 % à 58 %. La déformation du partage de la valeur ajoutée a été particulièrement marquée dans l’industrie : aux Etats-Unis, la part du travail au sein de ce secteur a baissé de 20 points de pourcentage entre les années 1950 et 2016 ; dans les pays de l’OCDE, elle a baissé de 0,34 points de pourcentage en moyenne par an entre 1981 et 2007.

samedi 17 décembre 2022

Les pénuries de main-d’œuvre stimulent-elles l’automatisation ?

Beaucoup évoquent actuellement des problèmes de recrutement dans les pays développés, sous l'effet de la pandémie de Covid-19. Indépendamment de cette dernière, les pays développés sont susceptibles d'être de plus en plus confrontés aux pénuries de main-d'œuvre, dans la mesure où ils subissent un vieillissement démographique et ne relâchent guère leur politique migratoire. Il paraît évident qu’une situation de pénurie de main-d’œuvre devrait stimuler la robotisation. Pourtant la littérature empirique a peu exploré ce lien de causalité.

vendredi 9 décembre 2022

Comment la hausse des taux d'intérêt américains affecte-t-elle les pays émergents ?

La hausse de l’inflation observée à travers le monde ces deux dernières années a fini par entraîner un resserrement des politiques monétaires, notamment celle de la Réserve fédérale. Or, non seulement les hausses des taux d’intérêt américains ont été historiquement associées à des crises financières et notamment des crises de la dette dans les pays émergents et en développement, mais ces derniers sortent précisément d’un véritable cycle d’endettement [Kose et alii, 2021].