Alexander Bick, Adam Blandin et David Deming (2024) ont étudié les données collectées par le Real-Time Population Survey, une enquête menée auprès d’un échantillon représentatif de la population étasunienne pour observer à quel rythme l’IA est adoptée par cette dernière.
lundi 23 septembre 2024
L’IA est rapidement adoptée aux Etats-Unis
mercredi 8 mai 2024
Quel sera l’effet de l’intelligence artificielle sur la prime de qualification ?
Ces dernières décennies, notamment dans le sillage de la révolution informatique, les travailleurs peu qualifiés ont été davantage exposés à l’automatisation que les travailleurs très qualifiés : les machines, notamment les robots industriels, ont été capables de réaliser un éventail croissant de tâches manuelles routinières, typiquement celles réalisées par les moins qualifiés. Au contraire, le déploiement des nouvelles technologies a pu accroître la demande de travailleurs qualifiés, donc leur permettre de bénéficier plus facilement d'une revalorisation salariale. Par conséquent, ces technologies ont pu avoir tendance à augmenter la prime de qualification (skill premium), c’est-à-dire le différentiel de salaires entre travailleurs très qualifiés et peu qualifiés, et à creuser les inégalités salariales (Acemoglu, 1998 ; Acemoglu et Restrepo, 2018). Avec la mondialisation, le progrès technique a ainsi pu contribuer à déstabiliser la classe moyenne, notamment aux Etats-Unis.
dimanche 27 août 2023
La politique monétaire influence l'innovation
Depuis les travaux des monétaristes et surtout des nouveaux classiques, beaucoup ont eu tendance à supposer que la politique monétaire ne peut influencer que la demande à court terme, non les capacités de production à long terme de l’économie. C’est ce qu’Olivier Blanchard a qualifié d’« hypothèse d’indépendance ».
mercredi 3 mai 2023
L’IA peut bénéficier de façon disproportionnée aux travailleurs les moins compétents
La littérature économique (Autor et alii, 2003) considère typiquement les nouvelles technologies numériques comme complémentaires aux travailleurs qualifiés (ce qui permet à ces derniers de gagner en efficacité) et substituables avec les travailleurs non qualifiés (si bien que les tâches réalisées par ces derniers sont davantage susceptibles d’être réalisées par les machines). Les avancées informatiques se poursuivent et permettent aux machines de réaliser un éventail toujours plus large de tâches jusqu’à présent réalisables par les seuls travailleurs, notamment qualifiés. C’est le cas de l’intelligence artificielle, dont les effets concrets sur les travailleurs restent à étudier.
dimanche 4 décembre 2022
La pandémie, une « perturbation créatrice » ?
Erling Barth, Alex Bryson et Harald Dale-Olsen (2022) ont étudié les données tirées d’une enquête réalisée en novembre 2020 auprès des entreprises norvégiennes pour observer dans quelle mesure l’épidémie de Covid-19 a bouleversé leurs décisions en matière d’investissements technologiques.
jeudi 6 octobre 2022
Quels sont les déterminants de la fracture numérique ?
En imposant la distanciation physique et la généralisation du télétravail, l’épidémie de Covid-19 a accéléré la diffusion des nouvelles technologies d’information et de communication. Cette diffusion n’a toutefois pas été égale : pour l’OCDE (2020), elle s'est accompagnée d'une creusement des inégalités dans l’usage de ces technologies.
mercredi 16 juin 2021
Les accords internationaux contribuent à réorienter l’innovation en faveur de l’environnement
Le progrès technique joue un rôle fondamental pour atténuer les effets pervers de la croissance économique et, peut-être, permettre à celle-ci de se poursuivre à long terme tout en sauvegardant un minimum des ressources naturelles et contenir le changement climatique. Pour atteindre ces objectifs, les entreprises doivent en effet réorienter leur production : d’une part, elles doivent chercher à produire en utilisant moins de ressources naturelles et en polluant moins et, d’autre part, elles doivent proposer des produits moins énergivores et polluants à l’usage. Elles peuvent être plus ou moins directement incitées à le faire : la raréfaction de certains ressources naturelles, qui devrait se traduire par la hausse de leurs prix, incite directement les entreprises à rechercher des substituts ; les firmes peuvent être plus indirectement incitées à verdir leur production si leur clientèle exige une production et des produits plus éco-responsables ; les autorités publiques peuvent chercher à contenir l’usage et des produits polluants des ressources naturelles menacées de disparition, que ce soit en l’interdisant ou du moins en le limitant via la réglementation ou en le taxant. Mais une telle réorientation de la production n’est véritablement possible que si des substituts plus verts existent, d’où l’importance du progrès technique : si les substituts n’existent pas, ils doivent être trouvés. Ne serait-ce qu’en créant de nouveaux marchés et de nouvelles opportunités de marché, le fait que la demande de substituts augmente est susceptible de stimuler l’innovation verte [Jaffe et alii, 2002 ; Popp et alii, 2010 ; Popp, 2019].