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vendredi 23 décembre 2022

La déformation du partage de la valeur ajoutée s’explique-t-elle (notamment) par la baisse de l’imposition des entreprises ?

Ces quatre dernières décennies, le partage de la valeur ajoutée a eu tendance à se déformer au détriment du travail (Karabarbounis et Neiman, 2013). Aux Etats-Unis, la part du travail a diminué de 7 points de pourcentage depuis 1953 : elle est passée de 65 % à 58 %. La déformation du partage de la valeur ajoutée a été particulièrement marquée dans l’industrie : aux Etats-Unis, la part du travail au sein de ce secteur a baissé de 20 points de pourcentage entre les années 1950 et 2016 ; dans les pays de l’OCDE, elle a baissé de 0,34 points de pourcentage en moyenne par an entre 1981 et 2007.

lundi 6 juin 2022

La fiscalité des dividendes nuit-elle forcément à l’investissement ?

En 2013, le gouvernement Ayrault a multiplié par trois le taux d’imposition des dividendes : celui-ci est passé de 15,5 % à 46 %. L’objectif affiché était d’inciter les entreprises à davantage utiliser leurs profits pour investir. Mais pour l’opposition, cette réforme fiscale risquait d’avoir l’effet inverse, c’est-à-dire de désinciter les entreprises à investir.

samedi 23 avril 2022

Quels sont les déterminants du consentement à l’impôt ?

Pour déterminer quels facteurs influent sur le consentement à l’impôt, Pierre Boyer, Thibault Ingrand et Christophe Strassel (2022) se sont appuyés sur le « Baromètre des prélèvements obligatoires 2021 », une enquête réalisée en septembre 2021 auprès d’un échantillon relatif de la population française. 

samedi 5 février 2022

Les Gilets jaunes, les croyances pessimistes et l’aversion à la taxe carbone

Le mouvement des Gilets jaunes a été amorcé par le projet d’introduction d’une taxe environnementale au prix des carburants, dans un contexte où ce dernier avait fortement augmenté. Même si une minorité de la population française a participé à ce mouvement et si ses participants ont inclus de façon disproportionnée des sympathisants d’extrême-gauche et d’extrême-droite, il a bénéficié d’un large soutien parmi l’ensemble de la population.

mardi 18 janvier 2022

Fiscalité des multinationales : le risque d’un taux minimum mondial trop bas

Les firmes multinationales enregistrent une part significative de leurs profits dans les « paradis fiscaux », des territoires où la fiscalité effective est extrêmement allégée : le montant des bénéfices transférés dans les paradis fiscaux s’élève à environ 600 milliards de dollars par an (Zucman, 2013 ; Tørsløv et alii, 2018). Face à l’accroissement des transferts de bénéfices des firmes domestiques et à l’érosion subséquente de l’assiette fiscale, les gouvernements ont eu tendance à réagir en allégeant la fiscalité sur les entreprises, mais cela accentue la concurrence fiscale internationale et entraîne une véritable « course au moins-disant fiscal », érodant les recettes fiscales des Etats et les poussant à réduire leurs dépenses publiques. 

vendredi 19 novembre 2021

Le cycle électoral influe-t-il sur la fiscalité ?

Selon la description qu’en font les théoriciens du choix public, les gouvernants en place auraient tendance à mettre en œuvre des politiques budgétaires expansionnistes avant les élections et à repousser les mesures budgétaires impopulaires comme les hausses d’impôts après les élections afin de maximiser leurs chances de réélections. Autrement dit, le calendrier même des élections affecterait la conjoncture : il y aurait un véritable « cycle d’affaires politique » (Nordhaus, 1975 ; Rogoff et Sibert, 1988 ; Rogoff, 1990). 

jeudi 22 juillet 2021

L’imposition du patrimoine favorise-t-elle l’égalité des chances ? Petite leçon norvégienne

Le capital fait son retour dans les pays développés [Piketty et Zucman, 2014]. Dans la mesure où il y a de fortes inégalités dans la détention du patrimoine, ce phénomène est susceptible d’accroître les inégalités de revenu, de réduire les inégalités des chances et d’alimenter la reproduction sociale. En effet, on a plus de chances d’accumuler du patrimoine et donc de gagner des revenus du patrimoine élevés quand nos parents en possèdent, notamment parce qu’ils peuvent plus facilement nous en transmettre, via les dons et l’héritage. Mais le niveau de patrimoine de nos parents est également susceptible d'influencer notre salaire. En effet, les familles aisées ont plus de latitude pour décider de leur lieu de résidence, ce qui influe sur la réussite scolaire des enfants : par exemple, ces familles peuvent plus facilement résider auprès des établissements scolaires les plus réputés ou donner à leurs enfants une chambre individuelle, c’est-à-dire un espace pour travailler au calme. Il n’est alors pas étonnant que la repatrimonalisation de la société alimente les débats autour des inégalités de patrimoine et autour des dispositifs susceptibles de les réduire, notamment l’imposition du patrimoine.