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samedi 7 décembre 2024

Dans quelle mesure les préférences environnementales se traduisent-elles par un vote écologiste ?

Les préoccupations environnementales ont fortement augmenté ces dernières décennies et une très grande majorité de la population, dans chaque pays, déclare être préoccupée par les problèmes environnementaux. Par exemple, selon un sondage réalisé par le PNUD dans plus de 70 pays, 70 % des répondants sont d’accorder avec l’affirmation selon laquelle le changement climatique affecte leur vie quotidienne et plus de 80 % déclarent désirer que le gouvernement de leur pays entreprenne davantage d’actions pour protéger et restaurer la nature et respecte davantage les engagements pris dans la lutte contre le changement climatique. Pourtant, les partis écologistes continuent d’obtenir une part relativement réduite des suffrages lors des élections. Cela pourrait refléter plus largement l’existence d’un « écart entre les intentions et l’action » (value-action gap) : les populations les plus soucieuses de la protection de l’environnement (typiquement les riches, qui ont l’empreinte écologique et l’empreinte carbone les plus élevées) sont généralement celles qui le comportement le moins respectueux de l’environnement. 

mercredi 5 avril 2023

Comment le contenu en qualifications de la mondialisation affecte le populisme

Les élections nationales qui se sont tenues à travers le monde ces dernières années ont été marquée par un essor des partis populistes et nationalistes, en particulier en Europe. Beaucoup ont relié cette évolution à la mondialisation, en l’occurrence celle des échanges commerciaux et des flux migratoires (Rodrik, 2021). Dans une nouvelle étude, Frédéric Docquier, Lucas Guichard, Stefano Iandolo, Hillel Rapoport, Riccardo Turati et Gonzague Vannoorenberghe (2022) se sont demandé dans quelle mesure la mondialisation a influencé l’évolution à long terme du populisme en prenant en compte le contenu en qualifications des flux commerciaux et des flux migratoires.

lundi 3 avril 2023

Russie : quel est l’effet des sanctions internationales sur le soutien au régime de Poutine ?

La Russie a fait l’objet de sanctions internationales d’une ampleur sans précédent depuis février 2022. Elle s’était déjà vue infliger des sanctions dès 2014, suite à l’annexion de la Crimée. Ces sanctions, d’ordre économique, visent à affaiblir l’économie pour affaiblir politiquement le régime en place et le contraindre ainsi à revenir sur ses choix géopolitiques. Si les répercussions économiques de telles sanctions ont été l’objet de plusieurs travaux, notamment d’une étude de Dzhamilya Nigmatulina (2022) dans le cas des sanctions de 2014, leurs effets politiques restent peu étudiés. Robert Gold, Julian Hinz et Michele Valsecchi (2023) ont précisément cherché à déterminer quelles ont été les répercussions des sanctions de 2014 sur le soutien en faveur du régime de Poutine. 

dimanche 2 octobre 2022

Démocratie et revenu : une relation en forme de U ?

La question de la relation entre structuration du pouvoir politique et développement économique a suscité très tôt des réflexions de la part des économistes. Dans un article très influent, Seymour Lipset (1959) a développé la « théorie de la modernisation » : d’après lui, le développement économique favoriserait l’apparition et le renforcement de la démocratie.

mercredi 24 août 2022

Un vote des enfants d’immigrés biaisé vers la gauche ?

Simone Moriconi, Giovanni Peri et Riccardo Turati (2022) ont cherché à savoir si les immigrés de seconde génération nourrissaient des préférences politiques différentes de celles des autochtones de profil similaire. Pour cela, ils ont utilisé des données relatives à 150.000 individus résidant dans 22 pays européens sur la période allant de 2011 à 2017, en combinant des informations tirées de l’European Social Survey à la base de données du Manifesto Project. 

mardi 31 mai 2022

Les coûts politiques des chocs pétroliers

Depuis les années 1970, les prix du pétrole ont connu des phases de fortes hausses rapides, des épisodes que l’on a pu qualifier de chocs pétroliers. Ce fut notamment le cas en 1973-1974 et en 1979, dans un contexte de fortes tensions géopolitiques, à la veille de la crise financière mondiale, lorsque l’émergence de la Chine alimentait fortement la demande mondiale de pétrole, lors de la reprise subséquente ou encore ces derniers trimestres, dans le contexte de la reprise post-pandémique et plus récemment du conflit russo-ukrainien.

vendredi 26 novembre 2021

Les crises financières radicalisent-elles les électeurs ? Ce que l’arrivée d’Hitler au pouvoir doit à la crise bancaire allemande

La crise financière mondiale de 2008, puis la montée des mouvements populistes à travers le monde, ont renouvelé l’intérêt des chercheurs pour les crises financières, pour leurs causes, mais aussi pour leurs répercussions « réelles », notamment leurs conséquences politiques. Plusieurs études ont notamment relié l’essor des partis d’extrême-droite aux crises financières (De Bromhead et alii, 2013 ; Funke et alii, 2016). 

vendredi 19 novembre 2021

Le cycle électoral influe-t-il sur la fiscalité ?

Selon la description qu’en font les théoriciens du choix public, les gouvernants en place auraient tendance à mettre en œuvre des politiques budgétaires expansionnistes avant les élections et à repousser les mesures budgétaires impopulaires comme les hausses d’impôts après les élections afin de maximiser leurs chances de réélections. Autrement dit, le calendrier même des élections affecterait la conjoncture : il y aurait un véritable « cycle d’affaires politique » (Nordhaus, 1975 ; Rogoff et Sibert, 1988 ; Rogoff, 1990). 

jeudi 26 août 2021

La démocratie séduit… mais seulement lorsqu’elle est prospère ?

Ces dernières décennies, les pays développés semblent connaître une insatisfaction croissante de leurs citoyens à l’égard des institutions démocratiques et une montée des populismes, notamment d’extrême-droite. Toute une littérature, rassurante, s’est développée autour de l’idée qu’un pays est d’autant plus susceptible d’avoir un régime démocratique que son revenu par tête est élevé (Lipset, 1959). Malheureusement, certaines études suggèrent qu’une telle corrélation s’avère particulièrement fragile (Acemoglu et alli, 2008). 

lundi 2 août 2021

Les « élections de la peur » : comment la pandémie a affecté la participation lors du premier tour des municipales de 2020

En 2020, le premier tour des municipales s’est tenu le 14 mars, guère une poignée de jours avant que le gouvernement n’instaure le premier confinement pour contenir la propagation de l’épidémie de Covid-19. Les jours précédant le scrutin, le gouvernement avait évoqué la possibilité de le reporter, mais l’ensemble des partis s’étaient prononcés en faveur de son maintien. L’abstention a atteint un niveau record : au niveau national, 44,75 % des inscrits ont voté, soit un taux de participation 18,8 points de pourcentage inférieur à celui du premier tour des précédentes municipales, celles de 2014. 

samedi 5 juin 2021

Quels sont les coûts politiques de l’adoption de mesures climatiques ?

Les gouvernements peinent à adopter des mesures de politique d’atténuation des gaz à effet de serre suffisamment ambitieuses pour espérer contenir la hausse des températures d’ici 2100 en-deçà des 2 °C comme le prévoit l’Accord de Paris signé il y a maintenant plus de cinq ans. En conséquence, c’est bien le scénario d’une hausse de 4 °C vers lequel nous semblons nous diriger, et ce en supposant qu’il n’y ait pas de phénomènes d’emballement.

mercredi 26 mai 2021

Les électeurs punissent-ils les gouvernements qui ont adopté l’austérité ?

Certains estiment que le calendrier des réformes économiques et l’orientation de la politique budgétaire seraient influencés par le calendrier des élections : parce qu’elles sont susceptibles de dégrader l’activité économique, du moins à court terme, les gouvernements auraient tendance à adopter les réformes structurelles et les mesures d’austérité budgétaire au début de leur mandat ; ils auraient par contre tendance à assouplir la politique budgétaire en fin de mandat, afin de stimuler l’activité économique et ainsi accroître leurs chances de rester au pouvoir. Il y aurait ainsi un véritable cycle d’affaires « politique » [Nordhaus, 1975 ; Rogoff et Sibert, 1988 ; Rogoff, 1990]. Dans le même ordre d'idées, les gouvernements seraient moins incités à adopter l'austérité lors des expansions qu'ils ne seraient incités à adopter la relance lors des récessions, ce qui contribuerait à expliquer la hausse tendancielle de l'endettement public [Buchanan et Wagner, 1977].